Le Crave à bec rouge et le Chocard à bec jaune

Pyrrhocorax pyrrhocorax/ Pyrrhocorax graculus

Ordre des Passériformes

Famille des Corvidés


On a souvent tendance à les confondre car leurs mœurs et leurs aires de répartitions sont très semblables. Pourtant, le crave à bec rouge et le chocard à bec jaune, aussi appelé « choucas », sont bien distincts. Ils sont toutefois tout deux bien connu des usagers de la montagne qui les accusent parfois de voler leur « pique nique », volontairement déposé au coin d’un rocher avant d’être récupéré quelques heures plus tard.

Chocard à bec jaune - Jacques Blanc J. Blanc

Comment le reconnaître ?

Enrobés tous deux d’un plumage noir jais et doté de pattes rouges, ils se distinguent par leur bec qui les rend si caractéristiques et qui leur vaut leur nom : rouge pour le crave à bec rouge et jaune pour le chocard à bec jaune. D’une envergure de 80 cm environ, le crave est un peu plus robuste que le chocard, atteignant les 360 g pour les plus lourds. Leur cri est aussi bien différent! Néanmoins, lorsqu’ils sont jeunes, il est plus difficile de les différencier.

Biologie et comportement

Alors que le Crave vit en petite colonie, le Chocard, lui, vit en groupe parfois constitué de plusieurs centaines d’individus. Tous deux construisent leur nid à base de brindilles dans une fente de rocher et se nourrissent d’insectes, d’araignées, de vers et de mollusques. En revanche, le Chocard mâle nourrit sa femelle toute l’année.

Où le trouver ?

Très communs dans le massif de l’Argentera-Mercantour sur les versants dénudés, pelouse, zones rocailleuses et falaises. On les rencontre souvent jusqu’aux plus hauts sommets !

La Chouette de Tengmalm

Aegolius funereus

Ordre des Rapaces nocturnes

Famille des Strigidés


Tant sa discrétion est grande, il est difficile de pouvoir l’observer. Ce n’est guère qu’au printemps que son chant saccadé et sonore trahit sa présence de façon bien imprécise, tant les séries de hou ! hou ! portent loin dans le silence de la forêt montagnarde.

Chouette de Tengmalm La Chouette de Tengmalm (Photot de G. Deluermoz)

Comment la reconnaître ?

Ses grands yeux jaunes cernés de noir en fond la réputation de ce rapace si mystique. Son plumage brun foncé tacheté de blanc dessus participe à la difficulté de son observation parmi branches et feuillages : encore une stratégie de camouflage pour échapper à ses prédateurs et mieux surprendre ses victimes.

Biologie et comportement

Comme la plupart des rapaces, elle chasse la nuit. Elle se nourrit essentiellement de petits mammifères tels que des mulots, campagnols, musaraignes et parfois des oiseaux.

Alors que sa vision est excellente, elle possède une ouie extrêmement développée lui permettant de repérer ses proies avant même de les voir.

Où la trouver ?

Principalement dans les massifs boisés au climat froid des étages montagnard et subalpin. On la rencontre, toutefois, souvent dans les mélézins de 1 000 m jusqu’à 2 200 m d’altitude dans toutes les vallées du Mercantour. Cherchez bien ! Son logement de prédilection est les cavités naturelles des arbres ou les trous laissés vacants par le Pic noir.

Espèce ressemblante

Son ventre blanc maculé de noir et ses yeux cernés de noir la distinguent bien des autres chouettes.

Statut de protection

Protection intégrale au niveau national (arrêté modifié du 17 avril 1981).

Le Circaète jean-le-blanc

Circaetus gallicus

Ordre des rapaces diurnes

Famille des Accipitridés

Circaète Jean-le-blanc - Mathilde Rosso
Le Circaète jean-le-blanc (dessin de M.Rosso)

Comment le reconnaître ?

D’une envergure moyenne de 180 cm, il ne pèse pas plus de 2kg. Il se reconnaît facilement par le dessous de ses ailes et du corps d’un blanc immaculé. Vu du dessus, son plumage est plutôt brun.

Biologie et comportement

Il adopte souvent le vol sur place scrutant le sol de ces grands yeux jaunes à l’affût de reptiles, ses proies préférés !

Oiseau migrateur, l’insuffisance de nourriture due à l’hiver l’oblige à quitter notre région dès octobre pour regagner l’Afrique. Il reviendra dans les vallées du Mercantour dès le début du mois de mars où le couple s’installe sur un arbre généralement isolé. Son régime alimentaire le contraint à posséder un grand territoire de chasse: plus de 500 ha.

Où le trouver ?

Il fréquente principalement les milieux ouverts bien exposés tels que les landes, pelouses rocailleuses, zones d’éboulis. Il est bien présent dans le Mercantour, notamment dans la zone d’adhésion.

Espèce ressemblante

Il se distingue très bien des autres rapaces par le dessous blanc presque uniforme des ailes et du corps.

Statut de protection

Protection intégrale au niveau national (arrêté modifié du 17 avril 1987).

La Chouette Hulotte

Strix aluco

Ordre des Rapaces nocturnes

Famille des Strigidés


La chouette hulotte est incontestablement le rapace nocturne le plus répandu. C’est d’ailleurs la seule espèce de Strigidés à s’aventurer en ville. Chassant régulièrement en bordure de route, elle est malheureusement très souvent victime de collisions avec les automobiles.

Chouette hulotte La Chouette huotte (Photo de P. Pierini/PNM)

Comment la reconnaître ?

On la surnomme aussi chat-huant car ses touffes de plumes ressemblent un peu à des oreilles de chat. La Chouette hulotte est assez massive avec un plumage à dominance brune mais qui peut varier du gris au brun écorce.

Biologie et comportement

Active la nuit à l’affût des petits rongeurs, elle s’abrite paisiblement, la journée, dans l’épais feuillage des arbres, dans une cavité ou dans des vieilles granges.

Comme beaucoup d'autres hiboux, elle a su développer des stratégies défensives efficaces face à ses prédateurs. Placés de face, ses yeux lui donnent une vision binoculaire. Elle est compensée par un cou très flexible qui lui permet de tourner complètement la tête, pour ne pas être surprise. En plus, des couronnes de plumage autour des yeux canalisent les sons vers l'oreille : aucun son insolite ne lui échappe !

Où la trouver ?

On la rencontre dans les bois de feuillus, taillis, arbres isolés dans tout le massif du Mercantour jusqu’à 1600 m d’altitude.

Espèce ressemblante

Se distingue assez facilement des autres espèces de chouette par ses grands yeux sombres et son corps massif.

Statut de protection

Protection intégrale au niveau national (arrêté modifié du 17 avril 1981).

Le Faucon Crécerelle

Falco tinnunculus

Ordre des rapaces diurnes

Famille des Falconidés


Le faucon crécerelle est l'oiseau de proie le plus courant. Le Mercantour recèle de nombreux habitats tels que les alpages et zones d’éboulis, particulièrement favorables à cette espèce. Ainsi, il n’est pas rare de le rencontrer au sein de l’espace protégé.

Faucon crécerelle Le Faucon crécerelle (Photo de R. Estachy/PNM)

Comment le reconnaître ?

Petit rapace de la taille d'un pigeon, les femelles sont plus grandes et plus trapues que les mâles. Leur plumage est caractéristique : roux plus ou moins clair orné de taches noires sur le dos et une face ventrale plutôt claire selon le sexe. La femelle se caractérise par une tête rousse et une queue rousse barrée de noir alors que le mâle, lui, a une tête claire.

Lorsque le Faucon crécerelle est perché, il a une posture dressée et une charpente fine caractéristique.

Biologie et comportement

Son vol est rapide, entrecoupé de phases d’observation du sol en vol stationnaire, appelé « vol du Saint-Esprit », ses ailes étant rapidement agitées et sa queue étalée. Il poursuit rarement les oiseaux en plein vol et il préfère chasser les insectes et petits rongeurs qu’il repère de très loin.

Où le trouver ?

Nichant principalement dans les falaises rocheuses, le Faucon crécerelle se rencontre principalement dans les zones ouvertes du Mercantour : lisières de bois et alpages.

Espèce ressemblante

Le faucon crécerelle se distingue de l'épervier par ses ailes plus pointues et sa poitrine mouchetée et non striée.

Statut de protection

Protection intégrale au niveau national (arrêté modifié du 17 avril 1981).