Projet Life GypHelp

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Le Parc national du Mercantour poursuit son action en faveur du gypaète barbu avec le soutien de l'Europe.

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Depuis le retour du gypaète barbu dans le Mercantour en 1993, première année du programme de réintroduction (fin en 2013), 2 couples reproducteurs nichent maintenant sur le territoire des Alpes du Sud (le premier en 2008, Alpes de Haute-Provence et en 2015 dans les Alpes maritimes). Une réussite quand on sait que le gypaète est l'une des espèces de vautours les plus menacées en Europe.

Après avoir disparu au début du 20ème siècle dans les Alpes françaises, il a été réintroduit à partir de 1986 dans le cadre d'un programme international sur les Alpes. Son implantation actuelle reste fragile car le gypaète barbu n'entre en reproduction qu'à partir de l'âge de 6 ans et le succès annuel de celle-ci reste aléatoire.

Tenao et Costa, deux gypaètes lâchés à Vignols en 2013 (Photo : M.Ancely/PNM)Tenao et Costa, deux gypaètes lâchés à Vignols en 2013 (Photo : M.Ancely/PNM)

Dans les Alpes du sud par exemple, le couple de l'Ubaye, s'est reproduit en 2008, puis deux échecs successifs  ont été observés en 2009 et 2010, suite à des dérangement probables. Fort heureusement depuis 2011 à 2015, 5 jeunes ont pris leur envol, à raison d'un oiseau par année. Il a fallu attendre 2014-2015, pour qu'un nouveau couple réussisse à élever un jeune, après plusieurs échecs.

Grâce au programme de réintroduction, l'abondance et la tendance des effectifs commencent à redevenir favorables à l'échelle des Alpes.

Poursuivant son action durable en faveur du gypaète barbu, le Parc national du Mercantour a obtenu le soutien de l'Europe en s'engageant avec de nombreux partenaires dans le nouveau projet européen Life GypHelp (LIFE13/NAT/F3R/00009), démarré en 2014.

Ce programme vise précisément à consolider les effectifs à long terme et à limiter la mortalité de l'espèce. Il concerne l'espace vital du gypaète barbu dans les Alpes françaises où nichent actuellement 10 couples reproducteurs.

 

Les autres partenaires se sont associés, à l'instar du Parc national du Mercantour, par une convention autour de ce projet LIFE GypHelp coordonné par l'association Asters (Conservatoire des espaces naturels de Haute-Savoie) : le Parc national de la Vanoise, la Vulture Conservation Fondation (VCF), la Fédération des chasseurs de Haute-Savoie, l'Observatoire des galliformes de montagne et ERDF.

L'Union européenne finance le programme à hauteur de 900 000 €, les co-financeurs étant la Région Rhône-Alpes, la DREAL et ERDF.

Bandeau-partenaires-LifeGypHelp-MD

 

Chaque partenaire mènera ainsi des actions sur la durée du Life, de 2014 à 2018 afin d'éviter le dérangement de la reproduction par les activités humaines, de limiter la mortalité des adultes, en particulier par percussion contre les câbles aériens ou par intoxication. Sont par exemple prévues des mesures pour la surveillance de sites de nidification, la visualisation de câbles aériens et la sensibilisation des publics.

C'est ainsi toute l'avifaune des milieux ouverts et rocheux de montagne : grands rapaces et galliformes, sujets aux mêmes menaces, qui bénéficiera des efforts de conservation déployés pour cette espèce parapluie* que représente le gypaète barbu.

Ce projet LIFE fait suite et complète les nombreuses actions déjà engagées pour l'espèce, par le Parc national du Mercantour, avec ses partenaires :

  • le suivi scientifique des individus relâchés via un réseau d'observateurs et aussi grâce à des données géolocalisées (pose d'émetteurs sur les jeunes réintroduits), participation au suivi international de la population des Alpes et protocole de suivi des couples reproducteurs.
  • la sensibilisation aux menaces subies par l'espèce, auprès du grand public et des professionnels de la montagne,
  • l'identification et l'équipement en balises avifaune des câbles dangereux en partenariat pour les lignes électriques avec la LPO-PACA, ERDF, RTE, et en relation avec les gestionnaires des domaines skiables sur plusieurs sites pilotes :
    • 1 site en Ubaye : équipement de la ligne électrique du fort Roche La Croix sur la commune de Meyronnes (consulter l'actualité sur ce site en cliquant ici) et étude en cours sur la problématique des câbles des remontées mécaniques en vue de leur équipement en matériel de visualisation
    • 3 sites dans le Haut-Var- Cians : Beuil, Les Launes et Valberg
    • 2 sites dans le Haut-Verdon : Allos et Praloup
  • la veille toxicologique, avec la surveillance de l'intoxication au plomb ou autres contaminants par l'analyse systématique des cadavres, ou matériel prélevé à proximité des nids.

Balises brillantes sur ligne électrique

Le programme VCF

À l'échelle nationale, le programme de réintroduction continue, coordonné par VCF, pour renforcer la diversité génétique de l'espèce, garante d'une meilleure viabilité de la population à long terme.

Beaucoup d'individus descendent en effet de mêmes individus fondateurs et la stratégie de la VCF est aujourd'hui de diversifier le patrimoine génétique des oiseaux reproducteurs et de contribuer à la formation d'un corridor favorable aux échanges d'individus entre les Alpes et les Pyrénées où l'espèce est encore bien présente.

Un nouveau projet LIFE GYPCONNECT, est en cours, les sites prioritaires pour les prochains lâchers, se situent désormais à l'ouest des Alpes, notamment dans les Grands Causses-Cévennes, et dès 2016 sur un nouveau site les Baronnies, alternativement avec le Vercors. Dans le programme également, la conservation de la population Corse est urgente (lignée génétique spécifique), peu de couples et chute de la reproduction observée ces dernières années, situation qui nécessite de procéder à des lâchers en 2016, associés à des mesures de gestion  (perte d'habitats, et manque de ressources alimentaires) sont en effet nécessaires pour sauver cette population insulaire.

 

 

Annual Bearded Vulture Meeting - Mercantour from Enrico Gombala on Vimeo.

 Un résumé du meeting annuel 2016 gypaète est disponible : 
http://www.4vultures.org/2016/01/11/annual-bearded-vulture-meeting-november-2015-the-conclusions-are-now-out/

 

Bonnes pratiques pour photographier le gypaète barbu :

Zones de sensibilités majeures (ZSM) :

Le survol d'aéronefs à basse altitude sur les sites de reproduction est une cause de perturbation avérée.

Pour gérer au mieux ce risque et conformément au protocole établit entre le ministère de la défense et la LPO, une Zone de Sensibilité Majeure (ZSM) est établie sur chaque site de reproduction connu. Les ZSM sont représentées sur les cartes ci-dessous et comprennent :

  • une zone délimitée d'un trait noir où le survol de tout aéronef est à proscrire à moins de 3000 m d'altitude ;
  • une zone délimitée d'un trait rouge où il faut éviter les intrusions à pied.

 

La nidification du Gypaète se déroule entre novembre et août, avec envol du jeune durant l'été s'il arrive au terme de sa croissance. Durant cette période, tout dérangement peut provoquer l'abandon de l'aire et l'échec de la reproduction ; le moment le plus délicat se situe durant la ponte, la couvaison et la première période d'élevage.

En cas de non respect de ces périmètres, il pourra être considéré qu'il s'agit d'un dérangement intentionnel en référence à l'article 1 de l'arrêté ministériel du 12 décembre 2005 portant interdiction de la perturbation intentionnelle du Gypaète barbu.

 

Liens utiles :

* Une espèce parapluie est une espèce dont les besoins écologiques incluent ceux de nombreuses autres espèces ; en la protégeant, on étend la protection à toutes les espèces qui partagent son habitat.