Un poussin Gypaète est né dans le Mercantour !

Un poussin gypaète barbu est né dans le Parc national du Mercantour ce début d'année 2016 ! Grâce à cette naissance et malgré la sensibilité de l'espèce, le gypaète s'installe et se reproduit après plus d'un siècle d'absence dans le Parc national. Le retour du casseur-d'os n'est pas que symbolique ; par son rôle de recyclage des cadavres, cette espèce remplit un rôle primordial dans le bon fonctionnement des écosystèmes.

Cette dernière naissance est issue d'un couple installé en 2014 dans la vallée de la Tinée. C'est le fruit d'un très long travail de réintroduction démarré dans les Alpes en 1986 puis en 1993 pour le Parc national du Mercantour avec un fort soutien de la Fondation Albert II de Monaco.

En effet, le gypaète barbu, rapace nécrophage, a disparu des Alpes au début du 20e siècle. Sa conservation passe par une réduction des risques de mortalité ; c'est l'objectif du programme européen LIFE Gyphelp auquel le Parc national du Mercantour participe. L'équipement des câbles et lignes électriques avec des balises de visualisation est un exemple d'action de ce programme. Préserver la tranquillité du gypaète est aussi une condition de réussite.

Gypaète barbu en vol (Photo de F.Breton/PNM)

Après plus de 20 ans d'effort, le Parc national et ses partenaires sont donc très heureux de ce résultat.

Il est néanmoins nécessaire de poursuivre nos efforts pour consolider l'installation du gypaète barbu sur le massif du Mercantour, espèce encore menacée d'extinction. La situation reste très fragile avec deux échecs de reproduction pour deux couples de gypaète en périphérie du Parc national cette année. L'oiseau est très sensible aux dérangements générés par différentes activités humaines comme le survol d'hélicoptères, de planeurs ou d'autres pratiques sportives de montagne.

Portrait d'un gypaète barbu juvénile, nommé "Rocca" en 2007 et réintroduit sur le site de Vignols. (Photo de P.Pierini/PNM))

Les espoirs de voir un nouveau couple s'installer, sont néanmoins là, en particulier sur la partie ouest du Parc, autour du Col de la Bonette, de la Cayolle et du Mont Pelat où de nombreuses observations cet hiver sont autant de signes d'encouragement à poursuivre nos efforts.