Les actions du Parc avec ses partenaires

  • Imprimer

Le maintien de l’agriculture dans les vallées et sa prise en compte dans les politiques locales constituent des enjeux-clés pour la richesse du patrimoine naturel et culturel du parc national du Mercantour.

Ce sont surtout les exploitations agricoles locales qui entretiennent la diversité des paysages et la qualité des milieux naturels. Relever ce défi nécessite de renforcer l’organisation des filières de production, de transformation et de commercialisation, de maintenir la vocation des espaces agricoles et pastoraux et d’accroitre la reconnaissance du rôle social et économique de l’agriculture et de son intérêt pour le maintien des paysages agropastoraux du parc.

Le développement des procédures de contractualisation, qui permettent de renforcer la contributions des agriculteurs à la qualité du territoire, est une voie d’avenir pour forger une alliance durable entre les agriculteurs et le parc national.

Vaches sur le plateau de Longon (Photo de P. Pierini / PNM)

Préserver les milieux, la faune et la flore des alpages

Les pelouses et landes d'alpage

Le pâturage par les troupeaux domestiques engendre une très grande palette d’impacts sur ces milieux naturels : tantôt totalement favorable, tantôt préjudiciable à leur maintien dans un bon état de conservation. Les pratiques pastorales sont donc, en fonction des situations particulières et des spécificités de chaque milieu et de chaque unité pastorale, soit encouragées, soit accompagnées ou contrôlées.

Dans le cas des milieux de landes et de pelouses alpines, les pratiques pastorales sont accompagnées et contrôlées afin que la pression du pâturage soit appropriée pour maintenir leur richesse floristique et ne pas dégrader les milieux les plus fragiles.

Le gardiennage des troupeaux et la maîtrise des effectifs sont les bonnes pratiques à soutenir, via les conditions de vie en alpage, la main d’oeuvre (groupements d’employeurs, aides bergers)…

Depuis 30 ans, le PNM s'est particulièrement investi dans la connaissance puis l'accompagnement de la gestion des alpages. De très nombreuses études de pâturages ont été réalisées et depuis une petite dizaine d'années, le parc s'investit dans la mise en place de mesures de gestion.

L’accompagnement des pratiques pastorales s’opere avant tout par la mise en place de contrats de partenariat avec les éleveurs. Ces contrats prennent la forme de "mesures agro-environnementales territorialisées". Depuis 2007, le PNM est ainsi responsable de la mise en place de ces mesures (il est "operateur agro-environnemental") pour le site Natura 2000 "Le Mercantour" qui correspond a la zone coeur du PNM. Les mesures eligibles dans ce site sont la mise en oeuvre et le respect de plans de gestion pastoraux, et le maintien de l'ouverture de certains milieux par des interventions mecaniques complementaires au paturage. En 2011, ce sont ainsi 34 unités pastorales (20 206 ha dont 15 977 en ZC) qui sont dotees d'un plan de gestion, concernant pres de 44 % du domaine pastoral du coeur.

Les mesures mises en oeuvre visent majoritairement une gestion equilibrée des milieux pastoraux, afin de ne pas degrader les milieux les plus fragiles (pelouses nivales, éboulis, crêtes...) et de garantir autant que possible un entretien des milieux situes plus bas en altitude ou comprenant des vegetations grossieres (queyrellins, landes, pelouses a Nard...).

Ces plans de gestion sont mis en place grâce à des expertises pastorales réalisées principalement par le CERPAM.

Le tétras-lyre

Le tétras-lyre, espèce en déclin régulier en France, occupe plusieurs milieux distincts dans son cycle de vie : mélézin, landes, lisières de pessières, de pineraies ou de sapinières, trouées permettant le développement d’espèces herbacées. Son habitat est donc constitué d’une mosaïque de ces différents milieux, dont la qualité et la tranquillité influent directement sur la reproduction de l’espèce. Les activités d'élevage sont en lien très fort avec le Tétras-lyre au moment de la reproduction et de l'élevage des jeunes poussins, très sensibles au déragement et ayant besoin d'une strate herbacé importante pour trouver leur nourriture.

Les plans de gestion pastoraux intègrent cette espèce comme guide pour les décisions de dates de pâturage, mais aussi pour les niveaux de raclage attendus sur la végétation. L’objectif étant de préserver une mosaïque de milieux différents, il peut être atteint de façon dynamique (débroussaillage des landes à certains endroits et favoriser leur extension à d’autres).

Les principales actions conduites dans le domaine pastoral consistent a mettre en oeuvre des reports de paturage, afin de respecter des dates de tranquillité pendant la reproduction. Ces mesures, seules, sont pas pleinement satisfaisantes car elles ne permettent pas de prendre en compte les dynamiques des milieux a moyen et long terme. Partant de ce constat, le PNM a réalisé depuis 2010 avec l'Observatoire des Galliformes de Montagne des diagnostics de la qualite des milieux pour le Tetras-lyre sur plusieurs sites experimentaux et a formé les agents du Parc au diagnostic de la qualité de l'habitat de reproduction du Tétras-lyre en alpage, ce qui a permis d'ameliorer les mesures de gestion en sa faveur. En 2011, ce sont 18 alpages qui sont concernés par des mesures de gestion en faveur du Tétras-lyre (reports, débrousaillages, défens...)

Pour en savoir plus :

Les zones humides

Les zones humides d'altitude sont particulièrement vulnérables et leur dégradation est souvent irréversible. Au niveau de la gestion pastorale, il s'agira donc de limiter le piétinement et le pâturage de ces secteurs, et d'éviter tout point de regroupement des troupeaux (parc de nuit, point de chôme) à proximité des zones humides et des milieux aquatiques.Certaines zones humides peuvent aussi être mises en défens.

(insérer photo zone humide)

La flore emblématique

Le plus souvent, la préservation de la flore passe par une bonne gestion de leurs milieux. Cependant, certaines espèces peuvent avoir des exigeances écologiques plus importantes. C'est le cas par exemple de la Reine des Alpes (Eryngium alpinum) qui a la particularité de fleurir et faire ses graines très tard, à la fin de l'été. Pour cette espèce présente dans le vallon du Lauzanier, sont mis en place des "reports de pâturage" (on ne pâture la zone où elle est présente qu'après la fin du mois d'août) en partenariat avec les éleveurs et bergers du valon.

Reine des Alpes (Photo de C. Joulot / PNM)

La grande faune

Les ongulés sauvages, notamment le Bouquetin, sont aussi pris en compte dans les plans de gestion pastoraux. Autant que possible, les crêtes et pelouses rases d'altitude qui constituent de vastes zones de quiétude, restent non pâturées par les troupeaux domestiques. Ponctuellement sont mises en place des mesures pour laisser de la ressource aux ongulés dans les zones d'hivernage stratégiques.

Bouquetin (Photo de G. Rossi / PNM)

Le loup

La grande faune sauvage terrestre trouve en coeur de parc un espace où son développement naturel n’est pas entravé et où les perturbations sont réduites.De façon plus précise, les décisions de gestion doivent permettre de préserver les dynamiques naturelles de la population de loup et de contribuer à sa coexistence avec les activités pastorales. Cette coexistence passe par la mise en oeuvre de mesures de protection adaptées : parcs et clôtures, chiens de protection, gardiennage renforcé. La modernisation des infrastructures pastorales en alpage et en particulier des cabanes pastorales, largement favorable à cette coexistence, est encouragée. La prédation par le loup peut, dans certains secteurs, contraindre les éleveurs à des modifications de pratiques qui ne sont pas compatibles avec une gestion raisonnée des pâturages.

La gestion des indemnisations, des mesures de protection des troupeaux (aides-bergers, chiens, parcs...) et des autorisations de tirs de défense ou d'effarouchement est assurée par les Directions Départementales des Territoires (et de la Mer) de chaque département, sous la responsabilité des préfets.

Le parc du Mercantour intervient seulement en complément de ces dispositifs en : réalisant une partie des constats de dommage sur les troupeaux mettant à disposition du matériel de protection prêté en cas d'urgence soutenant financièrement et techniquement un groupement d'employeurs embauchant des aides-bergers en contrat de professionalisation : le GEIQ-Pastoralisme.

Après 20 ans de présence du loup et malgré la mise en place des mesures de protection, le niveau d'attaque dans les deux départements reste important et la pression psychologique engendrée par la prédation est très difficile à supporter pour les éleveurs qui y sont confrontés. La protection des troupeaux qui restent toute l'année sur le territoire, et utilisent des parcelles éparpillées dans les vallées est particulièrement difficile et de nouvelles techniques de protection et d'effarouchement sont encore à inventer.

Préserver les paysages agricoles et pastoraux

Les chataîgneraies

Autrefois ressources pour l’économie locale, les cultures de châtaigniers et d’oliviers ont façonné certains paysages. Aujourd’hui, la châtaigneraie (Tinée, Roya et Vésubie) n’est pratiquement plus exploitée, et si l’oliveraie (Roya, Bévéra) connaît un regain d’activité sur certains espaces facilement accessibles, nombre de terrasses restent en friche. Le petit patrimoine bâti rural associé (cabanons, abris, murets, canaux…) se dégrade.

Le Parc soutient des actions de remise en valeur de la châtaigneraie du Mercantour dans le cadre du Plan Intégré Transfrontalier.

Ce projet a été déposé par la communaute de communes de la Tinee et se compose de deux parties :

  • Une partie "Connaissance de la chataigneraie" : avec une cartographie des chataigneraies du Mercantour (realisee par L'Universite de la mer) et un inventaire de la Flore de la chataigneraie (realise par Biophyto).

  • Une partie "Valorisation de la chataigne" : avec la creation d'un atelier de transformation a Isola (dont les travaux viennent de commencer) et des actions de sensibilisation (des panneaux de signalétique ont deja ete realises, ainsi que des depliants. Il est egalement prevu de realiser des panneaux d'information et un livre de recettes a base de chataigne).

Aujourd'hui, la Communauté de Communes de la Tinée ayant ete dissoute, c'est la Métropole Nice Cote d'Azur qui a repris le projet. Ce projet est porté en partenariat avec l'AFA de la chataigneraie de la Tinée et AR Carrugiu.

L'enlèvement de points noirs paysagers

Sur de nombreux pâturages sont présentes d'anciennes installations vétustes qui ne sont plus utiisées. Ces installations et déchets qui constituent des points noirs paysagers sont progressivement évacués avec les éleveurs concernés.

Quelques exemples d'opérations :

  • l'algéco de la Bouisse dans le Haut-Var Cians en 2005
  • les Granges du Colonel en Vésubie en 2011
  • la clôture du Mangiabo en Roya-Bévéra en 2011
  • la cabane du Caire de Pia (Vésubie),
  • la cabane du Lac noir à Longon (Moyenne-Tinée)

Les ouvertures de milieu

A basse altitude, de nombreux paysages emblématiques sont menacés par la fermeture des milieux, liée notamment à la baisse importante de main d'oeuvre agricole présente dans les montagnes.

Des opérations de débroussaillage et de coupes d'arbres sont ainsi menées sur les sites les plus sensibles. Ces opérations sont menées dans le cadre des mesures agro-environnementales avec les éleveurs ou dans le cadre de contrats "Natura 2000" avec les communes.

Préserver les prairies naturelles de fauche

Les prairies de fauche, clef de voûte des exploitations d'élevage du Parc, représentent de forts enjeux agronomiques et écologiques. Ainsi, un programme visant à mieux les connaître et à développer des partenariats pour leur préservation est progressivement déployé sur le Parc.

Inventaire des prairies et de leur gestion

En 2009, les chambres d'agriculture 06 et 04, la FDGEDA06 et le Parc se sont associés pour réaliser un inventaire des prairies de fauche et une enquête auprès des agriculteurs pour connaître leurs pratiques de gestion et les facteurs conditionnant leur entretien ou leur abandon.

Pour en savoir plus :

Ce travail de cartographie et d'enquête a servi de base aux autres projets mis en place par la suite.

Typologie de la végétation des prairies de fauche

Afin de connaître la flore et les formations végétales des prairies de fauche du Mercantour, le Parc a confié aux conservatoires botaniques nationaux alpins et méditerranén la réalisation d'une typologie de la végétation des prairies de fauche.

Pour en savoir plus :

Les relevés de végétation (191 relevés de terrain et 436 espèces identifiées) ont ete réalisés en 2010 et 2011 et la typologie a été rendue tout début 2012. Elle permet de distinguer 5 grands types de prairies (et 13 groupes) repartis selon l'altitude et le niveau d'eutrophisation.

Analyses agronomiques des prairies

Ce volet vise une réappropriation par les éleveurs de leurs prairies et une amélioration de leurs connaissances techniques de gestion agri-écologique. Le choix a ete fait d'inscrire ce projet dans la dynamique et la continuité du concours "prairies fleuries". Ainsi, tous les eleveurs ayant participé au concours ont pu bénéficier d'analyses d'herbe et de foin et de conseils techniques de spécialistes. Ces analyses ont ete coordonnées par les chambres d'agriculture 06 et 04 (sur financements du PIT) et des réunions de présentation et discussion des résultats ont été organisées.

Pour en savoir plus :

- Le compte-rendu des journées de restitution de 2010 et 2011 est disponible sur demande.

Inventaire du patrimoine naturel

Le patrimoine naturel des prairies de fauche du Mercantour est encore assez peu connu, au moins pour certains groupes d'espèces. Afin d'approfondir la connaissance de ces milieux le Parc mène avec ses partenaires des actions d'inventaire sur :

  • l'utilisation des prairies par les chauves-souris (chiroptères)
  • les oiseaux
  • les papillons de jour

Pour en savoir plus :

Fréquentation des prairies de fauche par les chiroptères en chasse dans le Parc national du Mercantour (Michel BARATAUD ; 2011) disponible sur demande auprès du Parc

Concours national des prairies fleuries

Depuis 2010, le Parc participe au concours national des "prairies fleuries" dans les Parcs Naturels Régioaux et Nationaux. Ce concours est le premier concours agricole national valorisant l'excellence agro-environnementale !

En 2010, le PNM a participé à la première édition de ce concours national des prairies fleuries dans les Parcs. Ce concours a été organisé avec la chambre d'agriculture des Alpes-Maritimes, la CC Cians-Var avec l'appui du CG des Alpes-Maritimes, dans les vallees du Cians-Var.

Un jury d'experts (agronome, phytosociologue, experts de la faune sauvage, de l'apiculture et des paysages) a ainsi visité les parcelles presentées par les 7 concurrents, pendant 2 jours au mois de juin. 4 prix locaux ont ete décerneés et remis aux concurrents lors de la foire aux tardons de Guillaumes. 2 concurrents ont représenté le Mercantour lors du jury national de decembre 2010.

En 2011, le PNM a de nouveau participé à ce concours, organisé avec la chambre d'agriculture des Alpes-de-Haute-Provence, dans les vallées de l'Ubaye et du Verdon.

Un jury d'experts franco-italien (agronome, phytosociologue, experts de la faune sauvage, de l'apiculture et des paysages) a ainsi visité les parcelles presentées par les 8 concurrents, pendant 2 jours au mois de juin. 4 prix locaux ont ete décernés et remis aux concurrents lors des journées Agriculturelles de Jausiers. 1 concurrent a representé le Mercantour lors du jury national de novembre 2011.

En 2012, le concours sera organisé dans la vallée de la Roya et chez notre voisin le Parco Alpi Marittime. Le jury franco-italien visitera les parcelles des concurrents les 11 et 12 juin 2012. Le jury sera aussi accompagné des élèves du Lycée de Valdeblore qu décerneront aussi un prix spécial.

Pour en savoir plus :

L'édition 2012 du concours Prairies Fleuries :

Mesures agro-environnementales prairies fleuries

Une des actions menées pour conserver les prairies de fauche et leur qualité écologique est aussi la mise en place de mesures agro-environnementales (MAE-T) pour inciter au maintien de la fauche et de la bonne gestion des prairies, menacés à la fois par l'abandon de la fauche et par l'intensification.

Pour y arriver, il a fallu en 2010 rechercher des financements et monter un "projet agro-environnemental de territoire" (insérer lien doc déjà dans Calaméo) pour les prairies naturelles de fauche de l'aire d'adhesion. Suite au projet monté en 2010 ont pu être concrétisées en 2011 les premières MAE-T « prairies fleuries » en aire d'adhésion du PNM.

Ces MAE-T ont été mises en place avec un appui important des chambres d'agriculture (animation et réalisation des diagnostics sur chaque exploitation). Leur particularité est de porter sur un engagement de résultats : conserver la présence d'au moins 4 plantes parmi une liste d'espèces établie localement.

Ce sont ainsi 12 exploitations qui se sont engagées à maintenir la qualité écologique de leurs prairies de fauche en 2011, très largement dans la vallée du Haut-Var suite au concours prairies fleuries de 2010.

Le PNM a souhaité un accompagnement fort de ces mesures, afin qu'elles servent aussi d'outil de dialogue entre les agriculteurs et le parc. Ainsi, ces mesures sont mises en place après un diagnostic d'exploitation qui comprend un diagnostic agricole réalise par les chambres d'agriculture, qui vise à comprendre la place des prairies naturelles dans le systeme d'exploitation et à bien choisir les parcelles engagées, et de recommandations de gestion agro-ecologique qui portent notamment sur les infrastructures paysagères liées aux prairies (haies, murets, talus...). En outre, toutes les parcelles engagées sont visitées afin de verifier qu'elles correspondent bien aux critères de la mesure (presence d'au moins 4 fleurs de la liste locale dans chaque tiers de la parcelle). L'ensemble de ces données est synthetisé dans un cahier de recommandations remis a chaque agriculteur engagé dans le dispositif.

Pour en savoir plus :

  • Insérer liste des plantes
  • lien téléchargement projet agro-environnemental de territoire pour les prairies de fauche

Préserver les terres agricoles et moderniser les infrastructures agropastorales

Le maintien d’une agriculture viable dans le parc nécessite de sécuriser le foncier et de réduire la concurrence avec les autres usages du sol, comme l’urbanisation. La préservation des terrasses, des canaux d’irrigation et l’entretien des infrastructures pastorales, en particulier des cabanes d’alpages, sont également indispensables.

Le PNM apporte son soutien technique et financier notamment pour la réhabilitation et la construction de cabanes pastorales d'alpage. Ces cabanes appartiennent pour les deux tiers aux communes. Le PNM participe régulièrement au financement de ces travaux dans le cadre de son dispositif de subvention aux communes, aux côtés des autres financeurs que sont l'Europe, la Région PACA et les Conseils Généraux.

Pour en savoir plus :

Insérer carte bilan intervention équipements pastoraux des 10 dernières années

Plus ponctuellement, le Parc soutient les projets de diagnostics préalables à l'installation d'agriculteurs. Par exemple sur la commune de Chateauneuf d'Entraunes, le Parc a participé au financement des diagnostics pastoraux et agricoles pour l'installation d'un agriculteur.

Plusieurs projets à échelle des vallées pour mieux connaître le foncier agricole et le mettre à disposition des agriculteurs sont aussi soutenus dans le cadre du Plan Intégré Transfrontalier :

  • Communauté de Communes Cians-Var : création d'une association foncière agricole pour la trufficulture

  • Chambre d'agriculture des Alpes-Maritimes : cartographie des exploitations agricoles de deux vallées et comparaison des systèmes de production France-Italie

  • Chambre d'agriculture des Alpes-Maritimes : outils de communication sur la mise à disposition de foncier pour les agriculteurs. Les plaquettes éditées sont téléchargeables sur le site de la chambre d'agriculture : www.ca06.fr

Soutenir la diversification des productions, faire connaître et reconnaître l'agriculture du Parc

Dans le parc, les productions agricoles sont aujourd’hui largement orientées vers la viande ovine. Cependant, l’oléiculture, le maraîchage ou l’apiculture se développent. Certaines filières de production ou de diversification, à haute valeur ajoutée, constituent un espoir pour l’avenir, comme le maraîchage, la production de châtaignes et de plantes médicinales, la valorisation de la laine...

Ainsi, le Parc soutient différentes initiatives de diversification et de valorisation portées par ses partenaires :
Dans l'objectif de revaloriser la laine, le Parc a soutenu depuis 2008 le travail de l'APPAM (Association pour la Promotion du Pastoralisme dans les Alpes Maritimes).

Trouver un titre

En 2008, cela a commencé par une étude de faisabilité de valorisation de la laine. Cette étude a permis de prendre contact avec les différents opérateurs encore opérationnels en France et en Europe. Puis en 2009, ce travail a pu déboucher sur une première expérimentation de valorisation de la laine de brebis brigasque par la fabrication de tapis arborant les motifs de la vallée des Merveilles. Cette opération a permis une très bonne valorisation de la laine, une amélioration du revenu des éleveurs et, tout aussi important, a contribué à la fierté de valoriser à nouveau ce noble produit. Désormais, les éleveurs de la vallée de la Roya continuent à faire fabriquer leurs tapis et à les commercialiser. Entre temps, une petite entreprise artisanale de teinture des tapis a aussi pu se développer. Après la phase de mise en place, cette valorisation se poursuit désormais sans appui particulier du Parc.
En 2010 a été lancée une seconde expérience pour valoriser la laine des brebis Mérinos, de qualité très différente de celle de la Brigasque. Cette expérience a permis la fabrication de vêtements, de laine à tricoter...

Pour en savoir plus :

  • Etude pour une valorisation locale et durable de la laine dans le Parc national du Mercantour (APPAM, Julien BUCHERT ; 2008)

  • Le Tapis brigasque, expérimentation pour la valorisation de la laine brigasque (APPAM, Julien BUCHERT ; 2009)

  • Expérimentations pour une valorisation durable de la laine dans les Alpes Maritimes : Poursuite et approfondissement de l’expérience de mise en place d’une filière de valorisation de la laine brigasque - Mise en place de la filière laine Mérinos (APPAM, Julien BUCHERT ; 2010)

Rapports disponibles sur demande

Un travail est également mené sur la valorisation des produits de la châtaigne : toujours dans le cadre du Plan Intégré Transfrontalier, un atelier collectif de transformation est en cours de construction en Tinée. Les travaux seront achevés avant l'été 2012.

L'apiculture est une activité assez mal connue dans le Mercantour. Afin de mieux connaître les apiculteurs du Parc, leurs pratiques et leurs attentes, un stage a été organisé en 2011 en partenariat avec la chambre d'agriculture des Alpes-Maritimes. Ce travail a aussi permis d'initier des partenariats entre les éleveurs qui ont des prairies et les apiculteurs qui recherchent des emplacements.

Pour en savoir plus :

Quels partenariats avec les apiculteurs du territoire du Parc national du Mercantour ? Marion Favaro ; 2011 ; rapport de stage de licence pro. (disponible sur demande)

Plusieurs actions sont aussi soutenues pour faire connaître l'agriculture du Mercantour, comme l'organisation du concours "prairies fleuries" par exemple.

Pour en savoir plus :

En 2012, la chambre d'agriculture a finalisé une superbe exposition photographique "être agriculteurs dans le Mercantour aujourd'hui", qui circulera dans la plupart des vallées. Cette exposition est aussi inscrite dans le Plan Intégré Transfrontalier.

Colloques, rencontres techniques, réseau des parcs

Valdeblore 2008

En 2008, plus de 300 personnes ont été réunies à Valdeblore pour les rencontres "pastoralismes, biodiversités, paysages : construire une vision partagée".

Pour en savoir plus :

Les actes sont disponibles en ligne en suivant le lien :

Echanges avec le Parco Alpi Marittime

Dans le cadre du jumelage entre les 2 parcs, des échanges techniques réguliers ont lieu sur l'agriculture, sur les mesures agro-environnementales, la gestion des alpages...
Des échanges sont aussi organisés entre les éleveurs des 2 parcs : à l'automne 2011, une délégation d'éleveurs du Mercantour est allée visiter le Parco Alpi Marittime et rencontrer les éleveurs italiens. A l'automne 2012, ce seront les éleveurs italiens qui viendront visiter les alpages et les exploitations de l'Ubaye.

En 2012, pour la première fois, les deux parcs organisent un concours des prairies fleuries transfrontalier.

Travaux avec les autres parcs nationaux sur l'agriculture

Les échanges techniques sur les questions agricoles et pastorales, ainsi que le travail en réseau entre les différents parcs nationaux sont essentiels. Ces échanges sont organisés par Parcs Nationaux de France. Les parcs nationaux mènent ainsi plusieurs projets collectifs tels que :
En cette période de réforme de la PAC (la Politique Agricole Commune), les parcs nationaux se mobilisent pour défendre l'agriculture des parcs et le maintien d'outils de gestion environnementales. Aux côtés des services pastoraux et des chambres d'agriculture, ils défendent aussi la reconnaissance des surfaces pastorales -qui ont aussi une grande valeur écologique- dans cette politique européene.

Une plaquette collective de présentation des alpages et estives des Parcs nationaux de France métropolitains de montagne vient d'être éditée.

Le projet « agriculture et biodiversité dans les Parcs nationaux » a pour objectif d’élaborer une méthode pour caractériser l'agriculture et ses relations avec la biodiversité. Il doit permettre à terme de participer à la reconnaissance du rôle des exploitations de montagne par les acteurs locaux et les politiques publiques. Ce projet est piloté par la chambre d’agriculture des Alpes-Maritimes et mené en partenariat avec quatre Parcs nationaux de montagne (Cévennes, Pyrénées, Ecrins et Mercantour) et 4 Chambres d’agriculture (Hautes Alpes, Alpes de Haute Provence, Lozère, Pyrénées). D'une durée d'un peu plus de deux ans, le programme entame sa dernière année. Des enquêtes de terrains pour tester la méthode sont en cours sur la Roya Bévéra, la Haute Ubaye et le Haut Verdon. L'analyse des résultats et la communication auprès des agriculteurs, des acteurs locaux et des pouvoirs publics est prévue pour le second semestre 2012.

Pour en savoir plus :

La commission agriculture durable

Les principaux partenaires menant ces différentes actions inscrites dans la charte du Parc se réunissent régulèrement au sein de la "commission agriculture durable" du Parc afin de faire un bilan des actions menées et d'orienter les actions soutenues par le Parc.

Pour en savoir plus :